Sommaire
● Akteo est certifié B Corp
● Placer le capital humain au centre du projet
● Décarboner, agir et compenser
● Redistribuer pour impacter les futures générations
● Accompagner la transition de nos clients

Akteo est certifié B Corp

En tant qu’entreprise à mission certifiée B Corp, cette annonce marque une étape importante dans notre développement, celui d’être une entreprise responsable. La certification B Corp place Akteo parmi les entreprises qui définissent des standards élevés en matière de performance sociale et environnementale. À l’issue d’un audit approfondi, par un organisme international en charge de la certification, Akteo a atteint la note de 99,7 points. Akteo a démontré sa capacité à intégrer les intérêts de ses parties prenantes au cœur de sa gouvernance, tout en assurant une politique sociale et environnementale responsable.

Pour en savoir plus sur notre score, consultez la page Akteo sur le site de B Corporation

Pour faire partie des 10 000 entreprises certifiées B Corp dans le monde, dont 570 en France, il faut passer une évaluation rigoureuse composée de plus de 200 questions. Chaque réponse doit être appuyée par des preuves concrètes, couvrant des domaines tels que la gouvernance, les collaborateurs, la communauté, l’environnement et les clients.

Notre note B Corp est le reflet d’un impact business modèle vertueux, démontrant l’excellence de nos pratiques. Nous avons à cœur d’engager des actions concrètes pour “ Contribuer à la neutralité carbone par le capital humain ”.

Placer le capital humain au centre du projet

Contribuer à la neutralité carbone par le capital humain. Nos actions que nous menons aujourd’hui pour la décarbonation façonnent le monde de demain. En tant qu’entreprise certifiée B Corp. Akteo s’engage à sensibiliser et former ses collaborateurs aux enjeux climatiques. Une démarche collective qui porte notre mission : accélérer la transition vers la neutralité carbone.

Décarboner, agir et compenser

En développant un modèle conscient du réel enjeu du changement climatique, Akteo réinvente l’accompagnement décarboné. Notre approche repose sur le capital humain et une expertise pointu pour aider les organisations à réduire leurs émissions et accélérer leur transition. Par souci de transparence, nous mesurons notre propre impact via un Bilan des Émissions de Gaz à Effet de Serre (BEGES) et partageons nos résultats. Ainsi, 100% de nos émissions de CO2 (scope 1, 2 et 3) sont compensées, et nous nous inscrivons dans une trajectoire de réduction alignée avec les meilleures pratiques du secteur.

Redistribuer pour impacter les futures générations

Créer un écosystème vertueux et favoriser la transmission, Akteo consacre une partie de sa valeur créée à la formation des générations futures. Chaque année, 1,1% de notre chiffre d’affaires est reversé à des fondations d’écoles d’ingénieurs, pour soutenir celles et ceux qui deviendront les prochains acteurs transition bas carbone. Cet engagement traduit notre conviction : la décarbonation est avant tout une aventure collective, qui se construit dans la durée conjointement avec l’ensemble de nos parties prenantes.

Accompagner la transition de nos clients

Notre engagement B Corp nous pousse à intégrer nos parties prenantes externes — clients, fournisseurs, partenaires — pour créer un écosystème vertueux et responsable. Cette approche nous permet de mieux comprendre leurs attentes, d’évaluer leur impact et de Co-construire des collaborations visant un même objectif : accélérer la transition bas carbone et décarboner.

Devenir B Corp n’est pas une fin en soi, mais un engagement constant à améliorer notre impact social, environnemental et économique.

Chez Akteo, nous continuerons à agir avec nos collaborateurs, clients et partenaires pour construire un futur bas carbone ambitieux et mesurable.

Akteo, société à mission de conseil et d’ingénierie en décarbonation, s’associe à MakeSense pour lancer un Impact Graduate Program unique à destination des jeunes diplômés ambitieux et engagés. Dans ce cadre, nous recrutons à Nantes un manager en décarbonation doté d’un esprit intrapreneurial. Si vous êtes prêt à relever des défis, à diriger des équipes et à avoir un impact positif sur la transition énergétique, cette opportunité est faite pour vous.

À propos d’Akteo

Akteo se positionne dans le conseil en ingénierie de la décarbonation. Notre mission est d’accompagner les entreprises dans leur transition vers des pratiques plus durables et respectueuses de l’environnement en mobilisant nos équipes d’ingénieurs en mode projet. En intégrant Akteo, vous rejoindrez une équipe d’experts passionnés par l’innovation et la durabilité.

Le Poste : Manager en Décarbonation à Nantes

En tant que Manager en Décarbonation, vous jouerez un rôle clé dans le développement de projets à haute valeur ajoutée dans les secteurs de l’industrie, des énergies renouvelables, de la mobilité, du bâtiment et des infrastructures. Vos principales responsabilités incluront :

Parcours de Formation avec MakeSense

Le manager recruté bénéficiera d’une formation intensive dispensée par les experts de MakeSense, organisée en sessions physiques bi-mensuelles sur les thèmes suivants :

  1. Plaidoyer et Lobbying : Maîtriser les techniques de plaidoyer pour promouvoir l’économie sociale et solidaire (ESS).
  2. Finance à Impact : Comprendre et utiliser les instruments financiers pour soutenir les initiatives sociales.
  3. Gouvernance dans l’ESS : Explorer les modèles de gouvernance participative et éthique.
  4. Mesure d’Impact et Transparence : Apprendre à évaluer et à communiquer de manière transparente les résultats sociaux et environnementaux.
  5. Prise de Parole en Public : Développer des compétences pour des présentations engageantes et percutantes.
  6. Mobilisation de Communautés : Savoir créer et animer des communautés engagées.
  7. Leadership et Confiance en Soi : Renforcer votre leadership à travers des techniques de gestion de changement et de développement personnel.
  8. Gestion de Projet : Optimiser la gestion de projets tout en maintenant un équilibre travail-vie personnelle.
  9. Communication Non-Violente : Apprendre à donner et recevoir des feedbacks constructifs et à gérer les conflits de manière pacifique.

Profil Recherché

Nous recherchons des diplômés d’écoles d’ingénieurs ou de commerce avec les qualités suivantes :

Rejoignez-nous pour participer activement à des projets de transition énergétique d’envergure et contribuer à un avenir durable.

Comment Postuler

Intéressé(e) par cette opportunité ? Envoyez votre candidature dès maintenant à graduate@akteo.fr. Les candidatures sont ouvertes. Ne manquez pas cette chance de faire partie d’une équipe dédiée à l’impact positif.

Depuis son lancement, Akteo s’établit comme un acteur d’un avenir durable. Notre engagement envers la décarbonation se manifeste quotidiennement, attirant l’attention de nombreux ingénieurs passionnés. En moyenne, cinq candidatures d’ingénieurs spécialisés en décarbonation nous parviennent chaque jour, preuve que notre mission et nos valeurs rencontrent l’aspiration des professionnels d’aujourd’hui.

Notre ambition va au-delà de simples missions de conseil et d’ingénierie opérationnelle. Chez Akteo, nous aspirons à contribuer activement à la neutralité carbone. Nous mobilisons nos équipes d’ingénieurs hautement qualifiés pour accompagner nos clients dans leurs défis de décarbonation. Cette ambition n’est pas seulement un objectif commercial, mais le reflet de notre ADN : le développement du capital humain et la croyance en un modèle de croissance plus juste et donc plus durable.

L’intérêt des candidats ingénieurs pour rejoindre Akteo souligne une vérité fondamentale : les ingénieurs d’aujourd’hui recherchent un travail qui a du sens. Ils veulent contribuer à une cause plus grande que la simple réalisation de projets. Ils veulent avoir un impact positif aujourd’hui pour demain. Notre positionnement dans le domaine de la décarbonation ne fait que renforcer notre détermination à poursuivre ce chemin, attirant des esprits brillants et motivés pour nous accompagner dans cette aventure passionnante et essentielle.

Chez Akteo, notre mission en ingénierie durable et décarbonation nous amène à travailler sur l’ensemble du territoire français. Aujourd’hui, nous sommes ravis de partager des nouvelles enthousiasmantes concernant l’évolution de notre présence physique en France.

Nos Bureaux Actuels

Nos équipes d’ingénieurs spécialisés en ingénierie opérationnelle sont déjà bien établies dans nos bureaux de Nantes et Bordeaux. Ces deux pôles dynamiques reflètent notre engagement envers des solutions innovantes et durables en matière de décarbonation. Ils sont le cœur de nos opérations et de nos projets sur le territoire national.

Projets d’Expansion à Paris et Lyon

Nous sommes également fiers d’annoncer nos plans d’expansion à Paris et Lyon. Actuellement, ces deux grandes métropoles servent de domiciliation pour Akteo, symbolisant notre vision de croissance et notre aspiration à renforcer davantage notre présence nationale dans le domaine de l’ingénierie durable. Nous y avons des bureaux de passage, nous souhaitons aujourd’hui nous y installer à temps plein !

Rejoignez Nos Équipes à Paris et Lyon

Ce projet d’expansion est une opportunité passionnante pour les ingénieurs spécialisés dans l’ingénierie opérationnelle et la décarbonation qui souhaitent rejoindre Akteo. Nous invitons ceux intéressés par ce défi à Paris ou à Lyon à se manifester et à devenir Akteurs de cette nouvelle étape excitante de notre développement.

Conclusion

Notre ambition chez Akteo est de continuer à être un leader national en ingénierie durable. Que ce soit à Nantes, Bordeaux, Paris ou Lyon, notre but reste le même : apporter des solutions innovantes en matière de décarbonation et d’ingénierie durable. Restez connectés pour plus de mises à jour sur nos projets d’expansion et nos réalisations !

Akteo, société à mission, de conseil et d’ingénierie opérationnelle en décarbonation, est honorée d’être lauréate 2024 du Réseau Initiative.

Cette distinction souligne notre engagement envers l’innovation et l’excellence dans le secteur de l’ingénierie durable.

Un Engagement en Ingénierie de la Décarbonation

Notre réussite en tant que lauréat met en lumière notre expertise en ingénierie de la décarbonation. Chez Akteo, nous combinons une approche RSE et ingénierie durable pour concevoir et produire des solutions innovantes et efficaces pour atteindre la neutralité carbone.

Le cœur de notre réussite repose sur le talent et le savoir-faire de nos équipes d’ingénieurs. Leur expertise en ingénierie opérationnelle est cruciale pour développer des stratégies de décarbonation efficaces et rentables. Cette reconnaissance par le Réseau Initiative est un témoignage de leur engagement à soutenir une croissance durable.

Le parcours pour devenir lauréat du Réseau Initiative Nantes a été exigeant, mettant en avant la qualité de notre présentation et la solidité de notre business plan. Le grand oral a été une étape clé, où nous avons démontré nos capacités en ingénierie opérationnelle et notre approche innovante en matière de décarbonation. Cette étape a prouvé notre capacité à non seulement envisager, mais aussi à mettre en œuvre des stratégies de décarbonation efficaces.

Recevoir cette distinction de la part du Réseau Initiative est une reconnaissance significative de notre leadership en ingénierie opérationnelle et en décarbonation. Elle apporte non seulement un soutien financier via le prêt d’honneur à taux zéro, mais également une validation professionnelle de positionnement RSE, de nos méthodes de travail et de notre positionnement innovant dans le domaine de l’ingénierie durable.

La distinction d’Akteo en tant que lauréat 2024 du Réseau Initiative Nantes est un jalon important dans notre mission de promouvoir l’ingénierie opérationnelle au service de la décarbonation. Elle renforce notre engagement à poursuivre l’excellence en ingénierie, à attirer les meilleurs ingénieurs du secteur, et à contribuer de manière significative à un avenir plus durable.

Publié le : 21 janvier 2026.
Autrices : Auriane Laurent, Tiffany Tran-Heinerich.

Introduction

Les temps sont durs pour les écologistes dans un contexte de backlash écologique international croissant. Aux États-Unis, le recul est assumé et incarné par les plus hautes strates de l’état : Trump lui-même en fait un cheval de bataille. Au-delà du climato-scepticisme assumé du Président ; les faits sont là : retrait des accords environnementaux (sortie des accords de Paris), baisse de subventions aux organismes de recherches sur le climat (sortie du GIEC) et recul des politiques climatiques (dérégulation des extractions minières)

Dans ce contexte, la tentation est grande pour l’Europe de suivre nos amis d’outre-Atlantique. Pourtant, nous pensons que suivre ce recul, qui traduit une logique de court terme souvent dictée par des arbitrages électoraux et économiques, serait une erreur stratégique. Bien au contraire, c’est pour nous le moment de transformer notre avance climatique en avantage compétitif durable, au service d’une industrie française et européenne résiliente et souveraine.

Sortir de la dépendance énergétique, maitriser notre accès aux ressources face aux tensions géopolitiques et protéger nos marchés de la concurrence internationale, tels sont les co-bénéfices clefs de la transition. Loin d’être uniquement une contrainte réglementaire, elle redéfinit les conditions de la compétitivité industrielle.

Alors, comment transformer cette exigence climatique en opportunité économique ? Comment concilier ambition environnementale, réindustrialisation et autonomie stratégique ?

1 – L’écologie au service de la souveraineté : Protéger l’industrie française et réindustrialiser

La décarbonation ne se limite pas à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elle constitue un enjeu de maîtrise économique et politique, dans un contexte international instable où l’accès à l’énergie, aux ressources et aux technologies est de plus en plus stratégique.

a. Écologie et souveraineté ne s’opposent pas, mais se complètent

Électrifier et produire local pour une souveraineté énergétique

La France importe encore 65 % de l’énergie nécessaire à son fonctionnement, principalement sous forme d’énergies fossiles. Ce qui fait de la souveraineté énergétique un enjeu géopolitique majeur. En effet, les crises récentes ont démontré à quel point la dépendance au gaz russe ou au pétrole du Moyen-Orient expose les économies européennes à des chocs violents et imprévisibles. Cette dépendance a été brutalement mise en lumière lors de la crise énergétique de 2022, qui a entraîné une hausse des prix de l’énergie et une inflation record. Si la consommation de gaz a baissé de 24 % entre 2021 et 2024, la dépendance demeure significative, puisqu’un tiers des importations françaises de GNL provenait encore de Russie en 2024 (The Shift Project, 2025).

Dans ce contexte, la transition énergétique n’est pas seulement un projet climatique, c’est un projet de résilience et de sécurité nationale. Elle repose sur une double dynamique : électrification massive des usages, combinée à une baisse structurelle de la consommation par la sobriété. Chaque kilowattheure économisé ou électrifié est un kilowattheure de pétrole ou de gaz importé en moins.

Accélérer cette transition, adossée à un mix électrique bas-carbone produit sur notre territoire, est la condition d’une industrie européenne compétitive, indépendante et durable.

Sobriété en ressources et économie circulaire

Le même raisonnement s’applique à l’usage des ressources matérielles. Les politiques de sobriété et d’économie circulaire constituent des leviers majeurs pour réduire la dépendance aux matières premières importées, souvent sous tension géopolitique.

Un exemple parlant : malgré sa relative abondance sur Terre, le prix du lithium a flambé entre 2022 et 2023, atteignant jusqu’à cinq fois sa valeur de 2021. Cette hausse spectaculaire s’explique simplement : la demande mondiale pour les batteries nécessaires à l’électrification des transports explose, tandis que les principaux centres de production, concentrés en Australie, en Amérique latine et en Chine, peinent à suivre cette croissance rapide. À cela s’ajoute la spéculation sur une éventuelle pénurie, qui accentue encore la hausse des prix.

Même si nous ne pouvons pas totalement éliminer notre dépendance à certaines ressources stratégiques, comme l’uranium pour le nucléaire ou les terres rares pour les technologies, faute de production nationale, nous pouvons néanmoins la réduire grâce à des stratégies non extractives.

Réduire, remployer et recycler nos produits localement offre une réponse à bas-coût pour sécuriser une partie de nos approvisionnements tout en diminuant l’empreinte environnementale. Le triptyque investissements en R&D, innovation technologique et évolution des comportements est essentiel pour permettre le développement à large échelle de filières circulaires .

Notons que le défi est de taille alors que l’économie mondiale reste très largement linéaire : en 2025, seulement 6,9 % de l’économie était circulaire, un chiffre en recul de 0,3 % par rapport à l’année précédente (The Circularity Gap Report, 2025). Une trajectoire qui accroît mécaniquement les dépendances et la vulnérabilité économique des pays importateurs de ressources.

L’écologie dynamise les filières grâce à la création d’emplois locaux

La création de nouvelles filières bas-carbone représente un potentiel énorme pour l’industrie française : jusqu’à 500 000 emplois supplémentaires en France d’ici 2030 selon l’ADEME (Rapport thématique de France Stratégie, 2023).

Prenons pour exemple l’industrie du vélo, que le Shift Project a estimé à plus de 200 000 emplois créés, qu’il s’agisse de la fabrication des vélos ou de leur maintenance, notamment grâce aux politiques du dernier kilomètre (The Shift Project, 2021).

Autrement, les filières circulaires illustrent particulièrement ce potentiel. Le réemploi, la réparation ou la consigne sont fortement créateurs d’emplois locaux, non délocalisables, tout en réduisant la dépendance aux importations de matières premières. Des initiatives comme le collectif Go! Réemploi, qui redéploie la consigne du verre dans plusieurs régions françaises, montrent que ces modèles sont économiquement viables.

b. L’écologie, ou l’opportunité du siècle pour une Europe à la pointe

Au-delà des débats et des résistances, le véritable enjeu est clair : la transition écologique constitue l’opportunité industrielle et économique majeure du XXIᵉ siècle pour l’Europe. À l’échelle des prochaines décennies, les technologies bas-carbone, les infrastructures énergétiques, les matériaux durables, l’économie circulaire et les services associés deviendront des secteurs stratégiques majeurs. Les pays qui maîtriseront ces chaînes de valeur capteront la valeur ajoutée, les emplois qualifiés et l’influence géopolitique associée. Par conséquent, l’écologie offre une fenêtre unique pour réindustrialiser le continent, renforcer sa souveraineté et se positionner en leader mondial sur les technologies et les modèles économiques de demain.

Cela est d’autant plus vrai au regard du contexte international crée un appel d’air stratégique. Le recul des États-Unis sur certaines politiques climatiques, conjugué à une approche plus opportuniste et moins structurante de la transition, laisse un espace vacant sur le leadership industriel bas-carbone. Là où d’autres hésitent ou temporisent, l’Europe peut capitaliser sur sa constance réglementaire et sa vision de long terme pour attirer les investissements, les talents et les chaînes de valeur industrielles. Cette situation rappelle que l’avance ne se décrète pas : elle se construit précisément lorsque les concurrents ralentissent.

C’est pourquoi l’Europe doit assumer une stratégie offensive. Il ne s’agit plus seulement d’accompagner la transition, mais de la piloter activement pour que les technologies, les standards et les modèles économiques de demain émergent et s’industrialisent sur le sol européen. Investir massivement aujourd’hui, sécuriser les filières, protéger les industries naissantes et accélérer l’innovation est une condition indispensable pour éviter de dépendre demain de solutions importées. En ce sens, l’écologie n’est pas une contrainte à gérer, mais bien le socle d’un nouveau projet industriel européen, capable de conjuguer souveraineté, compétitivité et ambition climatique.

Un capital humain et technologique sur lequel l’Europe peut s’appuyer

L’Europe dispose d’un avantage comparatif majeur : un capital humain et scientifique de tout premier plan. Le continent concentre des centres de recherche, des universités, des écoles d’ingénieurs et des savoir-faire industriels parmi les plus performants au monde. Cette densité de compétences constitue un socle essentiel pour développer, industrialiser et diffuser les technologies de la transition écologique.

L’Europe maîtrise déjà des segments clés de la transition, qu’il s’agisse des réseaux électriques, de l’efficacité énergétique, des technologies industrielles bas-carbone ou encore de l’ingénierie des procédés. Cette base technologique, combinée au développement du tissu industriel existant, permet et permettra d’innover et de passer à l’échelle, de manière à en faire des projets industriels structurant.

Une réglementation européenne structurante au service de la réindustrialisation

Le cadre réglementaire européen, encore souvent perçu comme une contrainte, constitue en réalité un puissant levier de transformation industrielle. Il s’agit encore de trouver le juste milieu entre l’ambition climatique et l’efficacité administrative. Dans ce contexte, la taxonomie verte européenne joue ici un rôle central : en définissant précisément ce qui constitue une activité durable, elle apporte une lisibilité inédite aux acteurs économiques et oriente les décisions d’investissement vers les technologies et les filières compatibles avec les objectifs climatiques.

Par ailleurs, les politiques climatiques européennes ont progressivement intégré une dimension de protection et de structuration des filières industrielles. Le prix du carbone (EU ETS), longtemps perçu comme un facteur de fragilisation de la compétitivité, est désormais complété par le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM). Ce dernier permet d’aligner le coût carbone des produits importés sur celui supporté par les producteurs européens, limitant ainsi les fuites de carbone et la concurrence déloyale de pays moins exigeants sur le plan environnemental.

Ces outils réglementaires doivent permettre un cadre stable et prévisible, indispensable pour engager des investissements industriels lourds et de long terme. Il y a intérêt aujourd’hui à ce que la politique climatique devienne un instrument de politique industrielle européenne.

Des outils financiers efficaces et une performance économique déjà démontrée

Cette structuration réglementaire s’accompagne d’outils financiers, publics comme privés, qui soutiennent concrètement la transition de l’appareil productif. Les secteurs de l’énergie et de l’industrie figurent aujourd’hui parmi les rares secteurs dont la trajectoire reste globalement alignée avec les ambitions climatiques européennes (Projet de SNBC-3, 2026). Ce constat n’est pas fortuit.

En effet, contrairement aux autres secteurs comme la construction ou les transports, les dispositifs de financement dédiés à la transition écologique industrielle sont relativement préservés du recul observé ces derniers mois en France et en Europe. Des programmes comme PACTE Industrie à l’échelle nationale ou l’Innovation Fund à l’échelle européenne permettent de financer la décarbonation des procédés, l’innovation technologique et l’industrialisation de solutions bas-carbone. Ces financements jouent un rôle clé dans la capacité de l’industrie à investir, à moderniser ses outils de production et à se projeter dans le long terme.

Au-delà des moyens mobilisés, les résultats sont déjà visibles. La Commission européenne a mis en évidence une corrélation positive entre l’alignement des entreprises avec la taxonomie verte et leur performance économique : les entreprises les plus engagées dans la transition sont aussi, en moyenne, les plus prospères. La transition climatique calqué sur la taxonomie verte apparaît ainsi comme un véritable levier opérationnel de compétitivité (European Commission, 2024).

Dans un contexte international marqué par le ralentissement, voire le recul, de certaines politiques climatiques, en particulier aux États-Unis, l’Europe a une carte majeure à jouer. Cette situation doit l’inciter à accélérer, à investir massivement et à structurer des filières de pointe, afin de prendre une avance scientifique, technologique et industrielle durable. La résilience climatique va de pair avec la performance économique, à condition que les chaînes de valeur soient souveraines et maîtrisées.

2 – La souveraineté au service de l’écologie : Créer des chaînes de valeurs souveraines

La France vise une réduction de 55 % de ses émissions d’ici 2030 par rapport à 1990. Si ses performances nationales sont relativement bonnes (CCPI de Germanwatch, 2025), cette lecture masque une réalité plus complexe : 50 % de l’empreinte carbone de la consommation française est importée (Projet de SNBC-3, 2026). Autrement dit, une part significative des émissions est simplement délocalisée.

Émissions de GES

Dans ce contexte, la transition ne peut être pleinement efficace que si les émissions sont maîtrisées sur le territoire national ou dans le cadre de chaînes de valeur européennes solides.

L’industrie, responsable de 20 % des émissions directes, joue un rôle central et structurant pour l’ensemble de l’économie. Le secteur doit repenser ses modèles pour intégrer relocalisation, économie circulaire et sobriété énergétique, et entraîner par la même occasion la décarbonation d’une partie des autres secteurs (transports, construction…). Pour ce faire, les efforts doivent se faire sur l’ensemble de la chaîne de valeur industrielle, avec des cadres réglementaires et financiers justes et ambitieux.

Achats

Privilégier des fournisseurs français et européens permet d’alimenter et de consolider les filières locales. Cela facilite la traçabilité, le respect des normes sociales et environnementales, et ouvre la voie à des démarches de co-construction de politiques RSE ambitieuses. Ce raisonnement vaut aussi bien pour les matières premières que pour les équipements industriels, contribuant à la relance de l’ingénierie et des capacités manufacturières européennes.

Transports

La relocalisation des chaînes d’approvisionnement réduit mécaniquement les distances parcourues et les émissions associées. Elle permet également de recourir à des solutions logistiques plus sobres, comme les flottes électriques, le fret ferroviaire ou la co- et slow-logistique, en s’appuyant sur des infrastructures françaises déjà relativement décarbonées.

Conception

L’éco-conception est un pilier de la souveraineté industrielle. En intégrant les principes de l’économie circulaire dès la phase de conception, les entreprises réduisent leur dépendance aux ressources vierges et améliorent la durabilité de leurs produits. Les filières REP offrent un cadre structurant pour mieux intégrer la fin de vie des produits et réinjecter les matériaux dans les cycles de production.

Production

Produire en France permet de bénéficier d’un mix électrique largement décarboné, un avantage comparatif majeur à l’échelle mondiale. L’électrification des procédés industriels, combinée à la sobriété énergétique et à l’investissement en R&D, permet de réduire les importations d’énergies fossiles tout en renforçant l’autonomie technologique.

Usage et fin de vie

Enfin, l’usage et la fin de vie des produits doivent s’inscrire dans une logique de soutenabilité. Réparation, maintenance, réemploi, consigne et recyclage sont autant de leviers pour réduire l’empreinte matière. Les modèles d’économie de la fonctionnalité (location, usage plutôt que possession) permettent de créer de la valeur tout en limitant la consommation de ressources.

Ainsi, la maîtrise des chaînes de valeur industrielles apparaît comme une condition indispensable pour réduire réellement l’empreinte carbone de la France : sans souveraineté productive, il n’y a ni écologie efficace, ni transition crédible, mais seulement un déplacement des émissions et des dépendances.

Conclusion

La transition écologique et la souveraineté économique forment un cycle vertueux : investir dans la décarbonation, l’efficacité énergétique et l’économie circulaire revient directement à renforcer l’autonomie productive, la stabilité des coûts et la capacité de résistance et de résilience de l’économie face aux chocs externes. En réduisant la dépendance aux énergies fossiles importées, aux matières premières sous tension, et aux produits étrangers, la transition limite l’exposition aux crises géopolitiques, aux ruptures d’approvisionnement et à la volatilité des prix.

Dans ce contexte, la résilience climatique ne peut être dissociée de la résilience économique. Une économie capable d’anticiper les risques climatiques, d’adapter ses infrastructures et de transformer ses modèles productifs est une économie plus robuste, plus compétitive et mieux armée pour durer. À l’inverse, retarder la transition fragilise les chaînes de valeur, alourdit les coûts futurs et accroît les vulnérabilités structurelles.

Cependant, la transition ne peut cependant reposer uniquement sur les entreprises, bien que la dernière édition de la SNBC leur impute 50 % de responsabilité de la transition. Les pouvoirs publics doivent outiller les entreprises sur la base d’outils financiers et réglementaires clairs et justes. Les citoyens ont aussi un rôle à jouer en soutenant les entreprises engagées par leurs choix de consommation. Enfin, les acteurs financiers ont un rôle clé à jouer en orientant les flux de capitaux vers des projets compatibles avec les objectifs climatiques. À défaut, ce sont souvent les contribuables qui assument, in fine, les coûts sanitaires et environnementaux.

Pour y arriver, en réaction au backlash écologique mondial, la France et l’Europe ont tout intérêt à s’appuyer sur la science, les données et les retours d’expérience concrets pour maintenir (et renforcer) le cap climatique et écologique. Les solutions, qu’elles soient techniques, technologiques ou comportementales, existent déjà. Ces leviers, combinés à une approche systémique et collaborative et soutenues pas des outils réglementaires et financiers cohérents, permettent de concilier ambition climatique, compétitivité industrielle et souveraineté durable.


Sources :

Retrouvez les actualités de décarbonation en France.

Retrouvez les actualités de décarbonation en France.

Akteo s’engage au quotidien pour accompagner la décarbonation dans le secteur du bâtiment. Convaincue que l’avenir de la construction passe par l’éco-conception, l’entreprise explore les matériaux géosourcés comme leviers concrets pour réduire l’empreinte carbone du secteur. Rémi Soulas, chef de projet ACV chez Akteo, a récemment publié ses travaux sur un matériau géosourcé (et ancestral) : la terre crue. Il partage les atouts d’un matériau durable, local et réversible dans l’ingénierie de demain.


La terre crue : un savoir-faire ancien au service de demain
Composée d’argile, de sable et de gravier, la terre crue est utilisée depuis des millénaires sur tous les continents. Mosquées, murailles et habitations vernaculaires témoignent de sa robustesse et de sa durabilité. Les propriétés de la terre crue s’intègrent parfaitement aux enjeux actuels du secteur de la bâtiment durable :

Réinventer les pratiques de construction
La recherche conduite par Rémi met en lumière la polyvalence de ce matériau : briques, blocs, pisé, torchis ou encore impression 3D, etc … La terre crue s’adapte à des usages variés, porteurs ou décoratifs.

Le Café Oyaki Farm a bâti en terre crue le mur du hall d’entrée, dans une approche alliant durabilité, tradition et harmonie avec la nature. Associée à d’autres matériaux biosourcés (bois, paille, chanvre, chaux), la terre ouvre la voie à une architecture plus sobre, ancrée dans les circuits courts et respectueuse des savoir-faire artisanaux.


La redécouverte au service de la décarbonation
Pour Akteo, l’innovation n’est pas uniquement technologique : elle réside dans la capacité à revisiter les solutions traditionnelles pour les intégrer dans les méthodes de conception actuelles. La terre crue illustre parfaitement cette vision : un matériau simple, porteur d’un fort potentiel pour réduire l’impact environnemental du bâtiment tout en préservant le confort et l’esthétique.


Akteo : acteur de la décarbonation du bâtiment durable
L’étude de Rémi s’inscrit dans la démarche globale d’Akteo : promouvoir des solutions concrètes qui allient performance, durabilité et innovation. Parce qu’accélérer la décarbonation du bâtiment suppose de réinventer les usages, Akteo accompagne les acteurs de la filière à chaque étape, du diagnostic à la mise en œuvre, pour transformer les contraintes environnementales en véritables opportunités de création de valeur.

Retrouvez les actualités de décarbonation en France.

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